L’ART POUR FAIRE SILENCE

Je suis une personne de silence. Mes lieux favoris: bibliothèques, musées, églises vides. Souvent, je ne supporte pas la radio. Je mets la télé sans le son. Hein ? Ben oui, ça permet aussi à mon imagination fertile de mettre des paroles dans la bouche des gens. Jean-René Dufort est pas mal bon là-dedans !

En tout cas, notre société a un criant besoin de silence et ce n’est pas moi qui me suis précipitée sur Zoom en temps de pandémie. Je pense sincèrement que le bavardage incessant de notre société dénote un malaise profond et je souhaite de tout coeur que lors du retour du balancier, il accroche quelques réseaux sociaux au passage. Ceci étant dit, la réflexion, l’écoute, la concentration et finalement le silence, ça s’apprend. Un cours de silence alors ? Quasiment ! Ce que le silence permet: d’écouter, d’entendre, de comprendre, d’analyser, de penser, d’interpréter, de transformer, de créer, de se concentrer, de bien faire les choses, d’apprendre.

Le silence est, pour certains, indispensable pour se focaliser sur ce qu’ils veulent faire. « Silence: on tourne » ça ne devrait pas être réservé aux réalisateurs ! Il y a des situations où l’on ne souhaite pas le silence, des moments où le bruit est une façon de se rassurer, de faire taire les pensées ou les inquiétudes qui se bousculent en nous. Cependant à certains moments et dans certains lieux, le silence serait plus que bienvenu et de mon côté, c’est par l’art en solitaire, dans ma tête et dans ma bulle que je fais le contrepoids au brut incessant.