DE FACEBOOK À GUY LALIBERTÉ : LA MORT VOUS VA SI BIEN

Vous voulez devenir un arbre, être enseveli dans des feuilles de bananier tressées, disaître dans un couffin pour défunt en osier ou encore faire placer vos cendres dans une jarre à biscuits à l’effigie de Jack, le personnage lugubre à l’aspect squelettique du film de Tim Burton ?

Manifestez-vous, les cérémonies funéraires alternatives et laïques ont la cote. Évidemment, plus l’on avance en âge, plus la question de la mort se fait présente. Guy Laliberté ne se serait pas lancé dans la commémoration nouveau genre des défunts il y a vingt ans. De mon côté, c’est suite à la visite de l’exposition À la douce mémoire, présentée au Musée McCord de Montréal, que l’envie de creuser la question des nouveaux rituels m’est venue.

Un mémoire de maîtrise, six articles de journaux, d’innombrables billets et commentaires de blogues et quelques heures de réflexion personnelle plus tard, je constate que Facebook semble de nos jours ticulièrement prisé pour vivre un deuil et que les oles mécaniques jadis prononcées les célébrants de funérailles religieuses tendent à être complètement évacuées au profit de statuts se voulant réconfortants et autres nouveaux rites plus signifiants et humanistes. Pendant que Guy Laliberté planche principalement sur le renouvellement de l’espace physique associé à la mort, Facebook permet de célébrer nos défunts dans l’espace virtuel.

Du côté de Laliberté, on vise « la création d’une promenade circulaire dans des espaces boisés comportant plusieurs lieux de mémoire, de souvenirs, de détente et de contemplation, ainsi que la mise en place d’un éventuel cimetière pour animaux de compagnie ». Facebook, lui, une série de modalités techniques, permet de re-construire l’identité du mort et de l’honorer sous forme de carte de souhaits,  de journal intime et de prières.

Bref, de la mère inconsolable au « touriste » empathique, dans «les deuils Facebook» on trouve de tout, même un ami ; ) Sauf que du témoignage bien senti au fait de recevoir une notification Facebook suggérant d’inviter l’ami défunt à jouer à Clash of Clans ou à ticiper à votre prochain événement, il n’y a qu’un pas qu’on ne souhaite pas franchir.